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Dorine Bourneton Mariage
Dorine Bourneton Mariage

Dorine Bourneton Mariage – Vingt minutes plus tard, les pompiers et le Samu arrivent et prodiguent des soins d’urgence à Dorine avant de la transporter à l’hôpital du Puy où l’attendent ses proches. Sa mère, Isabelle, n’a appris le drame qu’en fin d’après-midi car Jean-Paul Bourneton a refusé d’inquiéter inutilement sa femme.

Il est 23 heures et le radiologue s’approche de la blessée, stylet en main, pour lui faire une radiographie du dos. La taupe initiale a été contactée, dit-il. Isabelle a eu une révélation. Elle se rend compte que cela annonce une paralysie imminente.

La zone autour de la rupture a développé un hématome massif. L’opération est pratiquée la nuit pour tenter de le résorber. Dorine devra être transférée à Clermont-Ferrand deux jours plus tard afin que des broches métalliques puissent être insérées pour stabiliser ses vertèbres cassées. Elle les gardera une année entière. Elle n’apprécie pas pleinement la gravité de son état.

Jean-Paul Bourneton conduit sa fille en ambulance au centre de rééducation de Saint-Genis-Laval à Lyon après qu’elle s’y soit reposée pendant trois semaines. La route passe à proximité de l’aérodrome d’Aulnat. Que pensez-vous de faire un tour dans cet endroit ? Il suggère. Les aviateurs organisent une fête avec biscuits et champagne à l’aéroclub. Si quelqu’un disait : « Tu veux voler, Dorine ? », un « oui » ferme peut conduire à l’emprisonnement immédiat.

Elle saute dans l’avion avec son père et son instructeur et s’installe sans remettre en question leurs instructions. Elle vole une demi-heure avec un plâtre sous le pied gauche et une sonde d’urine sous le droit. C’est à peine une possibilité qu’elle puisse craquer quand elle croise un cumulus, en disant : “Le nuage, là, il ne risque pas de me rattraper ?”

A Saint-Genis-Laval, Dorine prend conscience de la difficulté de la tâche qui l’attend. Un moment charnière de sa vie se produit lorsque la chaise roulante qui deviendra son compagnon de tous les instants est amenée dans sa chambre. Elle a demandé au chef de service : « Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous ? Pour le dire brièvement, “non”. La réponse était un cadeau mort.

Elle décore le mur autour de son lit au centre de rééducation avec des affiches d’avions. Chaque jour, elle se consacre à sa routine kiné avec la même rigueur qu’un pilote planifiant un vol. Je ne peux plus marcher, alors je vais juste devoir… voler, mentit-elle.

Est-il possible de réaliser ce rêve ? Pour s’orienter, elle s’installe à Toulouse en juillet 1993, l’un des trois seuls aéroclubs français utilisant un avion spécialement aménagé pour les handicapés. Elle a grandi dans une ville de 1 800 habitants sur la Loire appelée Noirétable et se rend désormais seule dans la ville rose.

Pierre Harquin, ancien mécanicien d’essais et instructeur de pilotage privé, n’oubliera jamais sa première journée à l’Aéro Club Toulouse-Midi-Pyrénées. Quand elle s’est approchée de moi, elle se prélassait si paresseusement sur sa chaise que j’avais envie de la chiale. J’ai supposé que nous allions lui donner un tour rapide autour de la piste en signe de bonne volonté et nous arrêter là.

Mais dès le premier vol, il est frappé par la joie et l’aisance de Dorine. Elle dirige l’avion doucement, avec deux doigts sur le manche, “comme on tient une pointe Bic, comme le font les bons pilotes”. Désormais, le pilote aux 13 000 heures Harquin se consacrera à faire de Dorine Bourneton, une jeune recrue avec seulement 27 heures de vol à son carnet de bord, une pilote de renom.

Elle doit d’abord maîtriser l’escalade de l’aile et entrer dans le cockpit en utilisant uniquement ses bras. Ensuite, vous apprendrez à piloter un Rallye de 150 chevaux à l’aide de commandes adaptées développées par des personnes handicapées et agréées par la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) du gouvernement français en 1976.

Elle attache ses jambes sans vie dans le cockpit, les fixe avec du velcro pour qu’elles ne gênent pas pendant la démonstration, puis s’installe dans le siège du pilote. Elle referme son parachute et revérifie la fermeture en cinq points.

Le vendredi 19 juin 2015 est 13h30. Le plus grand congrès aéronautique au monde, le Salon aéronautique de Bourget, est envahi par les visiteurs. Les Alpha Jets français hurlent leur traînée de fin du monde de bleu, blanc et rouge en une ligne parfaitement droite.

Dorine ajuste son casque, branche son micro et annonce à la régie « Le Bourget de Fox Papa Kilo Echo ». Besoin d’y aller au plus vite « Sa voix est calme, mais son cœur s’emballe. Elle aura quelques minutes pour montrer ses talents de voltigeuse. Elle est la première et la seule femme pilote de parapente de l’histoire de l’aérodrome du Bourget.

“Lancement approuvé de Fox Kilo Echo ; équipe de contrôle prête à prendre le volant. Bon vol ! Dorine prend une grande bouffée d’air et tourne le bouton de numérotation du téléphone. Sur la piste, parmi le public, très peu savaient qu’il y a neuf mois, c’était tout elle avait eu le temps de récupérer et la plupart des gens ne savent pas qu’elle a failli mourir dans un avion similaire il y a 14 ans.

C’est arrivé sur une route d’Auvergne le 12 mai 1991. L’aube se lève à contrecœur ce dimanche. Jean-Paul Bourneton a dit à sa fille alors qu’ils se rendaient à l’aéroport de Clermont-Ferrand-Aulnat : “Le temps est mauvais, et s’il fait mauvais, nous ne pouvons pas partir.”

Dorine, 16 ans. Elle lève les épaules. Le père et la fille, qui partagent une passion pour l’aviation, sont accueillis par un Piper et un Cessna, et conduits à la base Canadair de Marseille-Marignane en compagnie de cinq autres membres de l’aéroclub. Elle ne manquerait cette fête pour rien au monde.

Dorine Bourneton Mariage

A bord du Cessna, Jean-Paul Bourneton prend ses quartiers. Dorine saute de l’arrière du Piper. Les deux avions décolleront vers 8 heures du matin. Dorine dénoue ses lacets. Elle a pris les commandes en tant que passagère et prévoit de profiter pleinement du trajet. Une immense couverture de nuages s’étend sur le ciel au sud. Les météorologues d’Aulnat ont déconseillé de le traverser, mais le vétéran capitaine du navire a tout de même décidé de s’y risquer.

Le bout des ailes s’efface au fur et à mesure que les premières volutes de brume arrivent. Dorine sentit son cœur s’emballer et battre au rythme de l’hélicoptère qui fendait les vapeurs de lait à une vitesse de 200 kilomètres à l’heure. Sa propre anxiété la pousse à se recroqueviller sur sa chaise et à resserrer sa prise sur sa ceinture une fois de plus.

Plus lent, le Cessna vole plus loin derrière, au-delà de l’horizon des nuages. Dans son état de panique, le commandant du Piper tente d’amorcer un virage depuis son piège ouaté, où tous les repères ont été aspirés. Dorine n’aperçoit que brièvement son copilote criant dans son casque : “Putain, tu vas nous faire casser la gueule !”

Le Cessna a évité la zone dangereuse en longeant la vallée du Rhône. Ce n’est que lorsque le papa de Dorine dit “Ou ils se sont posés en chemin, ou ils nous attendent à Marseille” que l’inquiétude s’installe. Arrivé à Marignane, il se rend compte que Piper n’est pas là, alors il sonne l’alarme. tout de suite.

A 11h40, la Préfecture du Puy active le Plan Sater 2. Deux hélicoptères et un avion léger décollent du jus d’herbe. Au sol, une équipe de 49 sapeurs et alpinistes sillonnent le terrain comme des fous avant d’être rejoints par le Samu. Le travail des sauveteurs est rendu plus difficile par le fait que l’antenne du ballast de secours du Piper a été sectionnée lors de la collision. L’avion s’est écrasé dans les bois.

Philippe Achard, peintre de métier et passionné de radio, ouvre son récepteur d’un geste mécanique dans la vallée du Puy. Écouter les conversations qui se passent sur les ondes est pour lui un excellent moyen de se détendre. La nouvelle du désastre lui parvint à ce moment-là. Quelques minutes plus tard, il saute dans sa voiture et roule pour aller chercher son frère Jean afin qu’ils puissent tous les deux participer aux recherches.

Le Piper avait percuté la montagne à 1 km de la ferme dite « des Pouchoux », arrachant les jeunes arbres avant de s’écraser contre un rocher à 1 400 mètres d’altitude. Les arbres ont emmêlé les ailes et les réservoirs de stockage d’énergie.

Dorine est la seule survivante grâce à sa couverture de sécurité et au carlingue solide comme le roc sur le côté arrière gauche. Dans son état de demi-conscience, elle est entourée par les esprits de trois personnes décédées. Elle ferme les yeux, admirant le vert foncé des jeunes arbres, et pense à l’examen de français qu’elle doit passer en juin. Elle n’a pas encore fait de planification.

Jean Achard, récepteur radio en bandoulière, progresse lentement sur un sentier escarpé à quarante-cinq mètres d’altitude. La balise endommagée envoie un faible signal qu’il capte. Peu de temps après, il prend en charge l’avancée de son frère alors qu’il se déplace en contrebasse derrière les arbres sous une pluie battante.

Le radioamateur a remarqué un petit problème il n’y a pas si longtemps. Il fait quelques pas sur sa gauche puis trébuche sur le trottoir Piper. On dirait que l’avion a été brisé en deux depuis l’hélicoptère jusqu’aux sièges avant. Philippe Achard, en état d’hébété, se fraye un chemin dans l’enchevêtrement des branches et du métal rouillé. Puis il entend une petite voix dire : « Je veux rentrer à la maison. Il est 20h10 sur sa montre.

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