
Dj Dee Nasty Compagne Beatrice – Vous avez plusieurs scènes extrêmement sexualisées, notamment dans un peep show. Comment avez-vous vécu ces événements ? Même s’il n’y avait pas de « coordinateur de proximité » désigné, l’atmosphère de soutien du groupe signifiait que je ne me suis jamais senti en danger. J’étais en assez bons termes avec les cinéastes pour leur proposer un honnête « ça oui, ça non ». Ce qui n’a pas fonctionné pour moi, je pouvais simplement dire non.
Est-il plus difficile d’assumer le rôle d’une vraie personne ?
Oui, puisque le poids des responsabilités pèse lourd sur les épaules. J’étais le porte-parole de cette histoire d’amour compliquée. Je ne voulais vraiment pas la trahir. Mais comme Béatrice est moins connue, j’ai eu l’avantage d’être moins attendue par le public que mes confrères.
Avez-vous remarqué des bizarreries de personnalité communes entre vous et Béatrice ?
C’est vrai, à quel point elle tient à protéger son indépendance dans les limites de son partenariat amoureux. Voilà une femme qui ne se mord pas les lèvres puisqu’elle a dû se battre pour sa place dans un milieu majoritairement masculin. Toutes les femmes pourront s’identifier à cela.
Comment lui expliquer qu’évoquer le féminisme dans un contexte pornographique est une mauvaise idée ?
Sans aucun doute! Béatrice était visiblement travailleuse du sexe et féministe sans le savoir. C’était sa décision, et elle n’a jamais hésité, même face à la désapprobation de Dee Nasty. C’était une femme qui avait des décennies d’avance sur son temps.
Avez-vous été doublé pour les scènes de danse ?
Désolé, mais je ne sais pas danser. Pendant six mois, j’ai suivi des cours de danse talons pour me mettre à niveau. Je vais être honnête et dire que j’ai un peu menti sur mes talents de danseur lors de mon casting. Alors que les derniers épisodes du Monde d’Arte sont diffusés demain, le 27 octobre, il est naturel de se demander qui étaient les véritables protagonistes de l’époque.
Le 27 octobre, Arte diffusera les trois derniers épisodes de sa série documentaire Histoire du hip-hop en France, intitulée Monde de demain. Cette chronique socialement consciente et musicalement passionnée a été interprétée de manière experte.
Le fait que tant de personnalités majeures de l’époque aient été impliquées dans la réalisation de cette remarquable série ne fait qu’ajouter à son impact. Il n’y a rien d’inhabituel à vouloir savoir ce qu’ils sont devenus. Si Kool Shen et JoeyStarr sont toujours sous les projecteurs, quelle est la place du reste des artistes ?
Kool Shen et JoeyStarr : un pas de la chanson à la comédie
Toujours acteurs majeurs de l’industrie du rap à leurs yeux, les deux disciples ont décidé de donner un coup d’accélérateur à leur carrière en s’orientant vers le monde de la comédie.
Il est le protagoniste principal de la série dans l’émission Remplaçant de TF1 depuis 2021. JoeyStarr sera présent au casting de “Diane de Poitiers” sur France 2 le 7 novembre et débutera prochainement le tournage de “Machine” pour Arte.
Kool Shen s’est également essayé à la comédie. Il a joué dans des films comme Abus de faiblesse de Catherine Breillat et Isabelle Huppert et Reparer les vivants (aux commandes du Monde de demain) de Katell Quillévéré, et il sera bientôt au casting du prochain long métrage d’Olivier Marchal, Overdose, qui sera disponible sur Amazon Prime Video à partir du 4 novembre.
La relation entre Dee Nasty et Béatrice est-elle toujours aussi solide ?
La partenaire de danse de Kool Shen depuis dix ans, Virginie Sullé (alias Lady V dite Vivi), est une vétérane du NTM.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce personnage ?
Léo Chalié : Béatrice dégage une véritable énergie ; la force incroyable de son personnage m’a vraiment ému. En lisant le scénario, je suis tombée sous le charme de son histoire d’amour avec Daniel, alias DJ Dee Nasty (joué par Andranic Manet ndlr).
Parlez-moi de votre expérience de travail avec Andranic Manet.
Parce que je travaille toutes mes scènes avec lui, nous avons fait plusieurs tests pour voir si nous étions un bon match. La chimie s’est développée rapidement. Il a plus d’expérience en jeu que moi et a été un excellent mentor. J’ai pu lui faire confiance.
Le casting de soutien a été coaché par les vrais protagonistes. As-tu réellement parlé à la vraie Béatrice ? Non, même si j’ai rencontré Dee Nasty sur le tournage. Ce jour-là, j’étais habillée “en Béatrice”, et il a vécu une phase hyper émotive en me voyant. Il a été assez généreux en partageant avec moi de nombreuses anecdotes de son histoire d’amour.
Entretien avec les créateurs de la série Netflix “Le Monde de Demain” sur les origines de la culture hip hop française ; “le tournage était hyper rock’n’roll.” Comment les réalisateurs Katell Quillévéré et Hélier Cisterne ont-ils réalisé cette série exceptionnelle en six épisodes sur l’ascension du groupe de hip-hop français NTM ? Réponses dans cette interview éclairante.
Réalisée par l’équipe mari et femme de Katell Quillévéré (Suzanne, Réparer les vivants) et Hélier Cisterne (Vandal, De nos frères blessés, Le Bureau des Légendes), l’excellente série Le Monde de Demain est actuellement diffusée sur Arte et Arte. .tv et ramène les téléspectateurs dans les années 1980, juste avant l’explosion du hip-hop en France.
La vie des futurs membres du NTM, JoeyStarr et Kool Shen, ainsi que celle du DJ Dee Nasty, figure incontournable du mouvement en France, et de leur entourage, y est relatée.
Ils ont été « très loin de la vérité historique » avec un grand souci du détail car, comme ils le disent, « ce sont les petites histoires qui construisent les grandes ». Leurs personnages adolescents sont précis, exigeants et constamment à leur niveau.
Le tournage n’a peut-être pas été sans stress, mais ils ont gagné parce qu’ils avaient parié sur la capture de l’esprit dynamique des jeunes d’aujourd’hui. Le jeu des acteurs, la conversation, la musique et la scénographie sont tous excellents. Après avoir entendu ces deux passionnés, force est de constater qu’ils n’ont rien laissé au hasard.
Quelles sont vos expériences personnelles avec le hip hop ?
Au milieu des années 90, lorsque des groupes comme NTM et IAM étaient au sommet de leur popularité, Katell Quillévéré et moi étions adolescents. Nous sommes tombés sur NTM à son apogée. Hélier Cisterne : Nous avons vécu la présentation de cette culture qui nous parlait. Cependant, nous écoutions simplement du rap et assistions à des concerts ; nous n’avons jamais dansé ni pratiqué quoi que ce soit.
Au lieu de vous demander ce que vous voulez faire avec la série HC, je préfère entendre ce que vous ne voulez pas en faire. Il était de la plus haute importance que le mythe et la légende entourant le hip hop et le rap en France ne soient pas renforcés ou rendus plus beaux qu’ils ne le sont.
KQ : Nous voulions démanteler les stéréotypes, mais nous ne voulions pas non plus aborder le sujet avec des idées préconçues sur le sujet, car ce n’est pas notre histoire ni directement représentatif de notre culture. Ce que nous faisons, c’est regarder des films – nous le faisons depuis plus d’une décennie – et écouter de la musique.
En conséquence, nous avons passé d’innombrables heures à discuter avec les personnes qui ont contribué à créer ce mouvement. Nous étions curieux de savoir comment le hip-hop les avait affectés, comment ils s’y étaient adaptés et ce qu’ils avaient accompli en conséquence. On pense que la clé pour échapper au biopic stéréotypé réside dans le retour aux subtilités de l’histoire, car ce sont les détails qui, en fin de compte, construisent le grand.
HC : Nous voulions raconter la société de l’époque, avec toutes ses inégalités et ses soulèvements, mais nous voulions le faire sans imposer aucune idéologie aux jeunes que nous suivions.
