
Affaire Delphine Boulay – Le 27 août 1988, l’enfant de 9 ans disparaît alors qu’il campait à Deauville. Son assassin n’a pas été appréhendé avant deux ans. L’affaire normande, qui a eu un retentissement national important, a ébranlé les autorités judiciaires et a donné lieu à la mise en place d’une ligne téléphonique gratuite.
L’anniversaire du scandale Delphine Boulay est particulièrement odieux. Cette adolescente scoute d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) tente avec d’autres camarades à Villerville (Calvados), près de Deauville, dans la nuit du 27 au 28 août 1988. Samedi matin, sa compagne rapporte que le 9 La fillette de 12 ans n’était plus présente.
Des centaines de bénévoles ont travaillé avec la police, les pompiers, les maîtres-chiens et les soldats pour fouiller la zone, qui a également été survolée en hélicoptère.”Delphine, maman et papa t’attendent, tu n’auras aucun reproche”, lit-on sur des affiches imprimées par milliers.
Alain, son père, utilise un mégaphone pour lui lancer des appels tristes depuis un hélicoptère. Mais la théorie de l’évasion a volé en éclat lorsque son corps calciné a été découvert dans un bois près de Beuzeville (Eure), distant d’une vingtaine de kilomètres, le 6 septembre.
Le scandale a eu un immense retentissement national : Libération titre “Delphine, la mort au bout du chemin”. Le père de Delphine lance une ligne gratuite avec l’association Enfance et Partage, bousculant les procédures. En septembre 1989, le Secrétariat d’État à la famille lance une initiative.
Même si la police a interrogé 3.500 personnes, l’enquête reste au point mort ! Le 12 septembre 1990, un coup de téléphone réactive l’affaire. Gérard Lebourg, plongeur de restaurant, s’est inquiété en découvrant dans son vestiaire un énorme dossier contenant des coupures de presse sur le scandale.
Erreurs et fausses pistes
Le 15 septembre 1990, Ouest-France titrait « Le mystère Delphine résolu ». Après quarante heures de garde à vue, l’employé de cuisine, un garçon solitaire de 29 ans, a avoué le meurtre puis est revenu sur son histoire. En janvier 1991, un rassemblement scout a été reconstitué, équipé de tentes et d’un feu de joie.
Le procès s’ouvre le 16 mai 1992. Et offre à la presse nationale l’occasion de condamner “les dérives judiciaires” de cette affaire, dans laquelle des dirigeants du camp scout ou des personnalités religieuses sont publiquement mis en cause dès le début. La pression populaire et la rivalité entre les titres de presse auront abouti à l’utilisation de pistes trompeuses.
Gérard Lebourg, également condamné pour le viol de sa jeune nièce, a été condamné à la prison à vie par la cour d’assises de Caen le 20 mai 1992. Après six ans de prison, le délinquant sera exécuté.
Le père de Delphine, Alain, a fondé l’Apev, l’Association des parents d’enfants victimes, en 1991. Elle conçoit fréquemment des affiches avec des photographies d’enfants disparus sur fond jaune, qui sont exposées dans l’espace public.
Delphine, une fillette de dix ans, a disparu d’un camp scout du Calvados le 27 août 1988. Après deux ans de recherches, sa dépouille calcinée a été découverte à quelques kilomètres de là et son assassin a été appréhendé. Dans notre série Criminal Stories, nous revenons sur une affaire qui a défini la Normandie.
Lorsque Delphine a disparu à l’été 1988, il y a trente ans, nous avons supposé qu’elle était une fugueuse. Ses parents, qui habitent à Issy-les-Moulineaux, dans les Hauts-de-Seine, se précipitent en Normandie.
Les habitants sont mobilisés, des recherches sont lancées dans la région, un hélicoptère survole la zone et le père de Delphine monte à bord pour convoquer sa fille avec un mégaphone. Le corps partiellement brûlé de Delphine a été retrouvé dans les bois de Berville-sur-Mer, dans l’Eure, environ deux semaines après sa disparition. La région entière est incrédule.
Deux ans de recherche du meurtrier
La police aura besoin de deux ans pour découvrir qui a fait ça au petit enfant. Gérard Lebourg, 29 ans, comprend vite la situation. Il a un parcours très préoccupant. Les enquêteurs ont découvert à son domicile des pancartes montrant qu’il avait violé des enfants à proximité de chez lui (sa nièce de 7 ans et sa cousine de 5 ans). C’est la première fois que la pédophilie reçoit autant d’attention dans les médias français.
Si le scandale Malys est récent, Guillaume Roulland, journaliste spécialisé dans les faits divers, pense régulièrement à Delphine. Lorsqu’il était journaliste stagiaire à “Radio France Caen” (aujourd’hui France Bleu Normandie) en 1988, il couvrait la disparition de la petite fille.
Une organisation créée « pour faire quelque chose »
Gérard Lebourg, l’assassin de Delphine, a été condamné à la prison à vie assortie d’une peine de sécurité de 30 ans au printemps 1992. Il est décédé six ans plus tard en prison. Les parents de Delphine ont créé l’association d’aide aux parents d’enfants victimes (apev).
“Nous ne voulions pas créer cette association pour pleurer, mais pour faire quelque chose, pour nous entraider”, explique aujourd’hui le père de Delphine, Alain Boulay. Cette organisation regroupe environ 250 familles dont les enfants ont disparu ou ont été tués.
En 2004, l’APEV a contribué à la création d’une base de données nationale sur les délinquants sexuels. L’APEV est également responsable des affiches dépique sur les enfants disparus que l’on peut retrouver dans les gares françaises.
La capture du meurtrier est un grand réconfort – Alain Thureau, ancien commandant de l’unité de recherche de Caen
“Cette affaire a marqué mon parcours et ma vie”, déclare le lieutenant-colonel Thureau, aujourd’hui retraité dans la Sarthe mais qui reste proche des parents de Delphine. Il dirige l’enquête du département de recherche de Caen en tant que capitaine puis commandant.
“Quand on a arrêté le meurtrier, ça a été un énorme soulagement parce que pendant ces deux années, je me suis toujours demandé si ce garçon n’allait pas recommencer, c’était ma grande peur… couplée à celle d’arrêter quelqu’un et de l’envoyer à prison alors que ce n’était pas nécessairement le meurtrier.
» Selon Alain Thureau, la collaboration des détectives, des magistrats et des parents de Delphine a permis l’arrestation du tueur.Aujourd’hui, Alain Thureau fait partie d’un groupe de policiers et gendarmes à la retraite qui donnent bénévolement de leur temps à l’APEV afin d’aider les parents à retrouver leurs enfants disparus.
À la mi-mai 2018, il s’est entretenu avec les parents d’un enfant de trois ans porté disparu.Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage dans le coin supérieur droit.
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Gérard Lebourg avait oublié les prénoms de ses neuf frères et sœurs lorsque la présidente de la cour d’assises, Mme Martine Varin, le lui demande. Il se tient là, la main immobile posée sur sa hanche, la tête enfouie dans une veste malgré la chaleur, les yeux ternis par les tics, le visage sans menton au front bas.
D’une voix douce et incolore, il répète des mots qu’on n’entend pas, des syllabes qu’il tord au fond d’une gorge habituée au calme. un autre frère « jamais revu depuis 1982 » ; Béatrice, qui s’est suicidée en 1983 après avoir eu une enfance incestueuse avec son père ; une autre sœur est également décédée à la naissance ; et enfin Huguette et ses problèmes. _
Lebourg est également incertain quant à l’année de décès de son père, “ouvrier d’usine”: “Peut-être en 1982, 1983”. De plus, il l’avait moins vu depuis le décès de sa mère, Mme Olivia Fachetti. vivait avec un autre homme, un très jeune homme, de sept ans seulement l’aîné de Gérard Lebourg : “C’était mon beau-frère.
” Il a quitté ma sœur pour vivre avec ma mère. Cela ne me regardait pas. “Je n’y ai pas prêté attention. Ma mère était censée nous sortir de la pauvreté. Nous étions affamés avec mon père.”
Sa mère aura pour la deuxième fois une liaison avec le petit ami d’une autre de ses filles. Gérard Lebourg suivra sa mère et ses petits amis, sa mère qui errait à travers la Normandie depuis son travail de femme de chambre, séquestrée dans des chambres d’hôtel ou une loge de château, bouleversée par des départs brusques, des expulsions pour dettes impayées, tandis que son père dormait dans une voiture certains jours.
Gérard Lebourg est placé dans une maison de la DDASS après avoir manqué un an d’école et est décrit comme un adolescent déficient intellectuel, “timide, solitaire, rêveur et craintif, très lent et sans motivation”. A seize ans, on juge opportun de le ramener dans la maison familiale : quatre lieux successifs, la mère et son jeune ami, les naufrages constants de ses frères.
Delphine Boulay était son nom. Elle avait dix ans lorsqu’elle a été kidnappée et assassinée par un pédophile à l’été 1988, et son récit a eu un impact sur le chemin de la justice. Les enquêteurs ont alors arrêté Gérard Lebourg, un chef normand de 29 ans. Il refuse pratiquement la panoplie du pédophile idéal, alors que ce terme est quasiment inconnu devant les tribunaux.
Lorsqu’il s’agit d’enfants torturés et parfois tués, on continue de dire des ballets roses pour les jeunes filles et des ballets bleus pour les petits mâles. Chaque jour, Jean-Alphonse Richard, accompagné de professionnels et de témoins d’affaires pénales, décrypte un fait divers, un crime ou une énigme judiciaire dans un podcast. Le 17 novembre 2023, écoutez L’heure du Crime avec Jean-Alphonse Richard.
L’ENQUÊTE – Affaire Delphine Boulay : un pédophile kidnappe et tue une fillette de 10 ans.
Delphine Boulay était son nom. Elle avait dix ans lorsqu’elle a été kidnappée et assassinée par un pédophile à l’été 1988, et son récit a eu un impact sur le chemin de la justice. Les enquêteurs ont arrêté Gérard Lebourg, un chef normand de 29 ans, à l’époque.
Il refuse pratiquement la panoplie du pédophile idéal, alors que ce terme est quasiment inconnu devant les tribunaux. Lorsqu’il s’agit d’enfants torturés et parfois tués, on continue de dire des ballets roses pour les jeunes filles et des ballets bleus pour les petits mâles.
Chaque jour, Jean-Alphonse Richard, accompagné de professionnels et de témoins d’affaires pénales, décrypte un fait divers, un crime ou une énigme judiciaire dans un podcast.Le 17 novembre 2023, écoutez L’heure du Crime avec Jean-Alphonse Richard.
La date et le moment du crime
Jean-Alphonse Richard nous plonge dans les secrets de la police et de la justice à partir de 14h30. à 15h30, du lundi au vendredi. Il rouvre les enquêtes sur les affaires juridiques les plus graves, entouré de professionnels, d’archives sonores, de protagonistes et de témoins critiques à l’appui.Chaque jour, une grande affaire criminelle, un crime ou une énigme judiciaire est décryptée dans un podcast.
