
Marion Barbeau Taille – Premier rôle dans “En corps” de Cédric Klapisch et débuts comme danseur à l’Opéra de Paris. Tout comme son personnage, la jeune femme issue du ballet classique ne résiste pas aux attraits de la danse moderne. Portrait. Pour Marion Barbeau, il y a eu beaucoup de coïncidences troublantes.
Elle décrit sa rencontre avec l’artiste israélien comme « véritablement transformatrice », même si elle n’a pas connu d’accident qui l’aurait obligée à l’éloigner définitivement de la scène. En 2018, il est invité à l’Opéra de Paris pour l’entrée au répertoire de L’Art de ne pas regarder en arrière, dont un certain Cédric Klapisch avait réalisé la captation vidéo.
L’opportunité de travailler avec Hofesh « a changé ma vie en me donnant le goût du contemporain », raconte Marion Barbeau. En effet, elle interprète actuellement, encore quelques jours au Palais Garnier, la pièce In Your Rooms, qu’elle vient d’ajouter à son répertoire et dans laquelle elle révèle toute sa puissance fougueuse.
Marion Barbeau se remémore ses années de petit rat en posant dans une tenue de pétant verdoyante, sa taille de guêpe tenue en l’air par des abdos d’acier. Née en 1991 à Nogent-sur-Marne, en banlieue parisienne, elle s’immerge très tôt dans la musique classique. D’abord dans une petite école privée de Fontenay-sous-Bois, puis au Conservatoire des Abbesses de Paris et enfin, en 2002, il est admis à la prestigieuse École de danse de l’Opéra.
Comme son personnage dans “En corps”, il est capable d’avancer là où la vie le mène grâce à sa forte volonté et au soutien de sa mère. Elle gravit pas à pas les échelons ultra-hiérarchiques de la danse, avec le soutien de son père passionné de rock et de cinéma et d’une sœur aînée devenue décoratrice d’intérieur, jusqu’à accéder au statut de prima danseuse en 2018, la dernière un pas avant la célébrité.
Aujourd’hui, cependant, elle est de retour dans un studio. Un mois après les auditions, lorsque Cédric m’a annoncé que j’avais le rôle, j’ai ressenti une immense adulation. Elle se souvient : “Je m’avais dit que cette expérience serait une plus, que ce n’était pas mon métier, mais en fait, j’en crevais d’envie…” Il voulait prendre une pause de douze mois de toutes activités à l’Opéra de Paris pour la première fois de sa carrière en raison de son goût pour le jeu et de son attirance de plus en plus forte pour l’art contemporain.
Elle était déterminée à participer à la pièce mise en scène par le chorégraphe norvégien Alan Lucien Øyen avant de quitter l’Opéra en octobre prochain : il s’agit de danse théâtrale. Avant le confinement, nous avions commencé à créer ; par la suite, nous n’avons pas pu le représenter. Elle sera donc reprogrammée pour débuter la saison prochaine.
Elle se souvient avoir lu un texte pour l’audition et dit : “J’avais adoré !” avec une lueur malicieuse dans les yeux. Elle répétera ensuite en duo avec son amie et collègue chorégraphe et ancienne danseuse d’opéra Laura Bachman, la première représentation étant prévue en janvier 2023 à Bruxelles. Cette dernière avait démissionné pour rejoindre Rosas, la société d’Anne Teresa De Keersmaeker. Déjà de l’ère moderne.
Marion Barbeau se rendra cet été à Los Angeles pour se produire dans une pièce chorégraphique de Sharon Eyal intitulée “Faunes”, qu’elle qualifie en plaisantant d’un “hybride”, ni classique ni contemporain. Quelle Israélite ! Le tout s’est déroulé au Hollywood Bowl, un théâtre en plein air d’une capacité de… 12 000 personnes.
Slow Savage, le nom d’une chanson du groupe Idles, met en scène la désormais actrice aux côtés de l’acteur Bastien Bouillon dans un clip de danse réalisé par Baptiste Debraux. Aussi loin que possible de l’Opéra cette année, si possible.
À l’heure actuelle, il n’est pas nécessaire d’abandonner cette honorable institution. La situation actuelle me convient parfaitement : je participe à certaines productions d’opéra que j’apprécie et je peux prendre des pauses pour faire autre chose. “Peut-être faudra-t-il bientôt prendre une décision”, comme ces acteurs qui préfèrent couper l’herbe sous le pied de la comédie française au profit du grand écran. Effectivement, Marion Barbeau retombera sur ses pattes comme un chat.
Marion Barbeau, première danseuse invitée du Ballet de l’Opéra de Paris, a fait une place dans sa vie pour suivre son cœur. La découverte de son talent d’actrice, notamment sous la direction de Cédric Klapisch dans En corps, qui lui a valu une nomination au César du meilleur espoir féminin, a fortement résonné avec ses ambitions. La jeune femme proche de la maison Chanel prend aujourd’hui du temps pour développer une nouvelle relation entre son corps et son esprit.
En corps de Marion Barbeau de Cédric Klapisch : la révélation du film
Près d’un million cinquante cinéphiles ont découvert Marion Barbeau en 2022 en danseuse blessée obligée de se reconstruire dans le film de Cédric Klapisch, En corps. Une nomination au César du meilleur espoir féminin lui a été décernée pour ce rôle. Avant cela, le trentenaire était surtout connu du public de l’Opéra de Paris.
En 2019, elle s’est hissée au rang de première danseuse, dernier échelon avant d’être nommée star, et elle commande la scène avec un air de stricte autorité. On ne voit clairement plus la même jeune femme quand on se retrouve. Une fissure est apparue après qu’il ait passé ses journées d’enfance à utiliser son corps comme instrument.
Non, je ne reviendrai à l’opéra qu’à la saison 2024-2025. Depuis longtemps, les choses ont grandi sur moi. Si l’on peut entrer très jeune dans l’illustre institution parisienne, la retraite n’est autorisée qu’à 42 ans pour les femmes. Marion Barbeau a débuté sa formation en danse au début des années 2000 et l’a poursuivie jusqu’en 2008, alors qu’elle avait dix-sept ans, lorsqu’elle a rejoint le corps de ballet. Donc une partie importante de sa vie.
Un peu trop, peut-être ? La néo-actrice ne revendique pas grand chose sur la pièce et n’évoque pas vraiment une rupture, mais plutôt un parcours personnel et artistique qui l’a conduite là où elle en est aujourd’hui. Je n’étais plus sûre de vouloir devenir danseuse étoile jusqu’à ce que je réussisse mon dernier concours en 2018 pour accéder au premier rang de danseuse.
C’est étrange parce que j’ai voulu faire ça toute ma vie, et quand j’ai finalement eu la chance d’y aller, ce n’était pas là. Il y avait une autre option. Marion Barbeau parle de douter de tous ses rêves, de questionnements. Bien avant l’avènement du cinéma, la première étape a été l’exploration de la danse contemporaine, peu abordée lors de la formation des danseurs à l’Opéra de Paris, mais qui aujourd’hui s’impose de plus en plus au répertoire.
“Cela s’est révélé comme une évidence. Pour moi, cela s’est produit d’abord avec Benjamin Millepied, puis beaucoup avec Aurélie Dupont [tous deux étaient respectivement directeur des ballets et directrice de la danse de l’Opéra de Paris]. En 2018, j’ai J’ai eu une rencontre avec Hofesh Shechter, et je pense que ça a été le tournant. Puis j’ai eu un faible pour Sharon Eyal.
En 2021, la chorégraphe israélienne a donné l’occasion à Marion Barbeau de montrer une nouvelle facette de sa gestuelle dans la danse Faunes, qui chevauche la frontière entre l’animal et le végétal, le féminin et le masculin. Lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté, la jeune femme est sortie de prison. Je façonnerais et dynamiserais mon corps chaque jour exactement comme je le voulais pour la première fois. dans ma vie.
J’avais décidé de ne pas donner la danse classique priorité à tout. Afin de me sentir plus à l’aise dans l’improvisation, j’ai suivi des cours de yoga et de Gaga, une forme moderne créée par Ohad Naharin. Je me suis dit lors de ma première visite à l’opéra que je ne pourrais pas y rester sans interruption jusqu’à l’âge de 42 ans et que je n’étais pas sûr de vouloir des rôles classiques. Avant, j’avais du mal à l’assumer et à en prendre conscience.
En 2021, ce mouvement de libération s’est encore accentué lors du tournage du film de Cédric Klapisch. La rencontre avec le cinéaste, passionné d’opéra, avait déjà eu lieu depuis longtemps. D’une certaine manière, l’histoire de sa vie fait écho au rôle qu’il a écrit. En écoutant les jeunes danseurs, je crois que ça l’intéresse beaucoup.
Ce qu’il a mis en scène n’est pas sans rappeler le parcours que beaucoup de gens empruntent pour se rendre à l’opéra. Il y a dix ans, ce n’était pas le cas. Marion Barbeau s’excuse d’être débutante avant de prendre progressivement confiance au fur et à mesure des essais avec François Civil, qui joue son kiné dans En corps. Si Cédric me faisait confiance, je lui aurais fait confiance aussi. Bizarrement, personne ne m’a posé de questions.
J’ai abordé ce projet avec beaucoup de doute. Travailler avec un coach m’a aidé à réévaluer mon éthique de travail, qui consistait à « pousser mes limites » jusqu’à ce que je me sente complètement débridé. De la danse au jeu, il n’y a aucun moyen ? Celui qui vient de terminer le tournage d’un nouveau film et envisage de les enchaîner (sans scènes de danse, bien sûr) meurt de causes communes.
